[Franck Ferrand] L’humeur du 8 septembre: Colin-Maillard

« Quand on est perdu au milieu d’un marécage embrumé, disais-je mercredi matin, chez Thomas Sotto, on a besoin d’un GPS pour se repérer, pas de considérations générales sur la nature du sol, argileuse ou calcaire ! » Cette déclaration a suscité d’innombrables messages d’approbation, traduisant une exaspération générale. Les Français sont conscients des lacunes de l’Education nationale dans sa façon d’enseigner l’histoire.

Cette semaine, le ministre annonce un allègement attendu des programmes infligés aux classes de Troisième et de Terminale. C’est un léger progrès, même si l’on peut s’interroger sur les choix effectués, et sur l’opportunité d’abandonner les chapitre de la mondialisation, de la construction européenne, du rôle du général de Gaulle en juin 1940, si importants pour comprendre le monde actuel… Cependant, je le dis et le redis : au-delà de ce qui est ou n’est plus enseigné, c’est la manière de l’enseigner – ce que l’Inspection générale appelle les préconisations pédagogiques – qui est de loin le plus discutable On s’est beaucoup ému, il y a trois ans, de la mise hors-jeu de Jeanne d’Arc, de Louis XIV et de Napoléon, ainsi que de l’irruption concomitante de sujets d’étude comme le royaume du Monomotapa ; j’ai moi-même protesté contre de telles aberrations.

Or, le plus grave est ailleurs, et réside, à mon avis, dans l’approche théorique, conceptuelle et désincarnée du passé, que l’on impose aux enseignants comme aux élèves, et qui a pour effet de détourner ces derniers de la discipline historique. La note publiée en juin dernier par le DEPP (l’organe d’évaluation du ministère) dénonçait une « dégradation sensible », en six ans, des connaissances des collégiens et lycéens en ce domaine. Ce constat est partagé par tous ceux qui voient, autour d’eux, une jeunesse déboussolée, incapable de se repérer dans son histoire.

Les adolescents ont besoin de repères – repères chronologiques, repères biographiques. Si l’on veut avoir une chance de les réconcilier avec leur passé, il faut que celui-ci leur apparaisse plus lisible et plus attrayant. Il faut qu’ils puissent y trouver un grand réservoir d’expériences humaines. Au lieu de quoi on les amuse avec des réflexions oiseuses, extrêmement générales… Quel gâchis !

La solution est connue : revenir à la chronologie et à la narration. Mais tant que les grands manitous de la pédagogie voudront servir aux collégiens et lycéens leur discours conçu pour des étudiants de Troisième cycle, tant qu’ils joueront à colin-maillard avec les élèves du Secondaire, nous verrons les adolescents se détourner de l’histoire.

Source: Franck Ferrand

Un commentaire

  1. Bonjour Lys Ardent,
    Oui je pense aussi que sa serais bien mieux que tous ces menteurs amicalement val

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