14 février 1663 : le Canada devient une province du Royaume de France

L’histoire de la Nouvelle-France s’échelonne sur une période allant de l’exploration française du continent américain jusqu’à la cession définitive du Canada au Royaume de Grande-Bretagne en 1763. Terre amérindienne lors des voyages de Cartier, la Nouvelle-France fut progressivement occupée par la France de l’Ancien Régime de 1604 à 1629 et de 1632 à 1760.

Nouvelle France

En 1663, Louis XIV reprend en main la Nouvelle-France que son père avait laissée entre les mains de la Compagnie des Cent-Associés en 1627 et il institue le gouvernement royal. La compagnie perd donc ses privilèges et c’est le roi et son ministre de la marine, Jean-Baptiste Colbert, qui prennent le contrôle de la colonie.

On appelle cette période Conseil souverain parce que durant cette période la colonie est gouvernée par un conseil souverain (aussi appelé conseil supérieur) composé du gouverneur de la Nouvelle-France, de l’intendant de la Nouvelle-France, de l’évêque de la Nouvelle-France et de quelques conseillers.

Une des grandes innovations de cette organisation est la création du poste d’intendant dont la fonction est de développer la colonie. Le premier à occuper ce poste, Jean Talon, fut particulièrement efficace. Dès son arrivée, il fait un recensement général de la colonie. Il dénombre 3 215 habitants regroupés presque tous dans la vallée du Saint-Laurent. Cette population est très jeune et très majoritairement masculine. Il y a environ 16 hommes pour une femme. Manifestement, il y a des correctifs à apporter si on veut peupler la colonie! Talon met donc sur pied une politique démographique. Il commence par favoriser l’immigration. Il faut des filles au plus tôt. Les autorités françaises collaborent et envoient dans les années suivantes environ 1000 filles du Roy. Ces filles sont des orphelines qui ont reçu une dot du roi et qui sont envoyées en Nouvelle-France en tant que femmes à marier. Elles doivent d’ailleurs se marier le plus rapidement possible en débarquant en Nouvelle-France. Ces filles ont assuré une partie importante du peuplement de la colonie. Le gouvernement français favorise également l’émigration en Amérique de familles pauvres pour lesquelles il paie la traversée. On encourage également le système des engagés qui permit de recruter bon nombre de gens de métiers. Enfin, le roi assure la sécurité de la colonie en envoyant un régiment complet, le régiment de Carignan-Salières, composé de 1 200 hommes pour pacifier les Iroquois. Talon obtient que les soldats qui le veulent puissent demeurer dans la colonie à la fin de leur service et s’établir comme colon. Environ 750 d’entre eux choisissent cette option.

Sous le Conseil souverain, le peuplement de la colonie progresse plus rapidement. Cependant, la vitesse de peuplement est loin d’être équivalente à ce qui se passe au sud dans les colonies britanniques. Au milieu du xviiie siècle, la Nouvelle-France compte 60 000 habitants alors que les colonies britanniques en comptent plus d’un million. Le succès du peuplement des colonies britanniques s’explique par deux conditions qui font totalement défaut à la colonie française :
– L’existence d’une force de répulsion dans la métropole, les persécutions religieuses en Angleterre, qui encouragent certains citoyens anglais à chercher une vie meilleure en Amérique ;
– L’attrait de terres cultivables combinées à une température clémente dans les colonies britanniques.

La conquête britannique

Une guerre éclate en 1754 entre les Britanniques et les Français le long de la rivière Ohio (en Louisiane). La guerre s’étend jusqu’au Canada. En septembre 1759, les Britanniques, conduits par le major-général James Wolfe, attaquent les Français à Québec après un siège de 10 semaines. Les Français, conduits par le marquis Louis-Joseph de Montcalm, tentent de se défendre malgré une infériorité numérique écrasante. Tandis que les forces britanniques escaladent une falaise pour combattre les Français sur les plaines d’Abraham devant Québec, la flotte britannique bombarde Québec. Les Britanniques supérieurs en nombre et en expérience remportent la victoire. Jean Baptiste Nicolas Roch de Ramezay qui assure la défense de Québec depuis la mort de Montcalm et le départ des autorités, signe la capitulation de Québec le 18 septembre 1759 (selon les instructions qui lui avaient été transmises par le quartier-général du marquis de Vaudreuil).

Le dernier obstacle des Britanniques est Montréal. Ils l’attaquent en 1760. La ville, encerclée, se rend sans combattre, la capitulation de la ville est signée le 8 septembre 1760. Le signataire de la reddition française, le marquis de Vaudreuil, est dépeint comme un traître en France. Ce dernier fera partie des accusés, avec l’intendant François Bigot, du procès de l’Affaire du Canada qui vise les personnes jugées responsables de la perte du Canada au profit des Britanniques; le marquis de Vaudreuil sera acquitté, tandis que François Bigot devra rembourser 1.500.000 livres à titre de restitution.

La défaite française est officialisée par le traité de Paris en 1763. À ce moment, la France doit choisir entre sa colonie de Nouvelle-France ou ses colonies des Antilles. La France opte pour les Antilles.

Wikipédia

Un commentaire

  1. Pour éviter les ambiguïté, il est préférable d’utiser Nouvelle-France. Le clergé catholique dans une majestueuse ignorance nous a servit du Canada pour plaire aux anglais et aussi la révolution française qui a guillotiné les nobles et les religieux catholiques

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