Benoit XVI défend la langue latine et lance l’Academia Latinitatis

 

« Aujourd’hui avec Ivano Dionigi, nous allons inaugurer la nouvelle Académie pontificale de la latinité voulue par Benoît XVI – à 17 heures, 5 via de la Conciliazione », écrit dans son tweet le cardinal Gianfranco Ravasi, président du Conseil pontifical de la culture.

Voici l’incipit du moto proprio par lequel le Pape Benoît XVI institue l’Académie pontificale de langue latine qui dépend du Conseil pontifical de la culture :

« La langue latine a toujours bénéficié d’une très grande considération de la part de l’Eglise catholique et par les Souverains Pontifes romains, qui en ont activement promu la connaissance et la diffusion, l’ayant adoptée comme leur propre langue, capable de transmettre de façon universelle le message de l’Evangile, comme l’affirme déjà avec autorité la Constitution apostolique Veterum sapentia de mon prédécesseur, le bienheureux Jean XXIII. »

Le pape Benoît XVI a en effet institué une nouvelle Académie pontificale pour la promotion de la langue et de la culture latines, l’Academia Latinitatis, au moment où sa connaissance se perd dans l’Église jusque chez les prêtres. La connaissance du latin et de la culture latine est « nécessaire pour l’étude des sources (de la foi), auxquelles s’alimentent de nombreuses disciplines, la théologie, la liturgie, la patristique et le droit canon », estime le pape théologien, soulignant que cela correspond à « l’enseignement du concile Vatican II ».

Dans son motu proprio, le pape confirme un projet qu’il murissait. En créant cette académie qui dépendra du Conseil pontifical de la culture, Benoît XVI marque son attachement à une Église qui se nourrit de sa tradition millénaire, sa hantise étant un oubli de celle-ci et un appauvrissement de la foi. Les plus importants textes du magistère sont en latin, « précisément pour mettre en évidence le caractère universel de l’Église », rappelle le pape.

Intérêt ?

Il évoque un « affaiblissement de l’étude des humanités » et « une connaissance toujours plus superficielle de la langue latine » dans les études des futurs prêtres. Le pape dit déceler un nouvel « intérêt » pour la culture latine, « pas seulement dans les continents qui ont leurs racines dans l’héritage gréco-romain » mais de la part « de professeurs et aussi de jeunes et d’étudiants de nations diverses ». L’Académie devra favoriser le latin « dans les institutions catholiques où les séminaristes et prêtres sont formés ».

Le pape suit sa logique, qui est de lutter contre l’éclatement culturel dans l’Église, le latin restant, selon lui, un ciment unificateur.

Dans un entretien à Itinerarium, Ivano Dionigi, recteur de l’Université de Bologne et président de la future Académie, a déclaré: « Pourquoi le latin? Pourquoi le grec et les auteurs classiques? Pour trois raisons essentiellement. La première est la préservation des biens culturels. C’est un destin culturel qui est en jeu. Deuxièmement: le grec et le latin nous aident à bien parler. Troisièmement: les auteurs classiques nous aident à bien penser, c’est leur héritage le plus bénéfique; ils sont dans le même temps fondement du présent et antagonistes du présent. Et je ne veux pas insister sur le thème des racines identitaires car elles sont évidentes ». Et à la question sur les priorités à l’ordre du jour, il a répondu:

« Il y en a deux avant tout, la première: rétablir l’étude obligatoire du latin au séminaire et, en second lieu: créer des ponts à tous les niveaux: entre la recherche qui s’occupe de tradition chrétienne et celle classique et païenne, entre les universités, dans la divulgation de haut niveau. Nous devons capitaliser au mieux ce grand patrimoine. Nous aurons toujours besoin de médiateurs culturels, d’un « petit troupeau » capable de transmettre et de traduire, un levain pour tous les autres ».

C’est ainsi que naît une institution qui tentera d’apporter une nouvelle sève à la connaissance de la langue et de la culture latines qui au cours des siècles – comme l’a rappelée Manlio Simonetti dans un commentaire – a enregistré un déclin progressif.

Source AFP et Itinerarium

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