Demain, la guerre civile ?

L’impuissance d’une classe politique perdue dans des querelles subalternes nourrit la désespérance des Français, qui pourrait déboucher sur le pire.

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Le but de la société politique, c’est la paix civile. Il serait illusoire de la croire acquise à jamais. Car la France souffre de trois maux d’une extrême gravité. Première menace : l’appauvrissement des Français. Toute la valeur créée par les entreprises pendant 204 jours, du 1er janvier au 23 juillet, est redistribuée par les administrations. Pour financer ses dépenses publiques voraces, supérieures de 11 points de PIB à celles de l’Allemagne, la France est le vice-champion du monde des prélèvements obligatoires. Notre pays est dévoré par la passion de l’égalité et la folie fiscale. L’aphorisme des Shadoks (“En essayant continuellement on finit par réussir. Donc plus ça rate, plus on a de chances que ça marche”) vaut instruction à Bercy. De mois en mois, la France, maillon faible d’une Europe en déclin, s’enfonce dans la croissance zéro et le chômage de masse.

Le deuxième mal français, c’est la radicalisation communautariste. La communauté nationale d’hier (“J’ai les mêmes devoirs et les mêmes droits que mes concitoyens”) cède la place aux communautés spéciales d’aujourd’hui (“J’exige tous les droits parce que je suis différent”), que le gouvernement s’empresse de satisfaire au nom d’un progressisme dévoyé. Soumis aux nouveaux cléricalismes, le président de la République publie un communiqué fêtant l’Aïd al-Adha mais s’interdit de le faire à Noël, tant la haine de soi va de pair avec l’acceptation du communautarisme. La même logique est à l’oeuvre lorsque les socialistes, jouant avec l’idée du droit de vote des étrangers, souhaitent que des communautés littéralement extérieures à la nation puissent participer, demain, à la délibération et la décision politiques.

Le troisième des maux dont souffre la France est le plus préoccupant : l’impuissance publique gangrène tous les pouvoirs, de la base au sommet. Elle est subie par les élus des petites collectivités locales et les agents territoriaux de l’État, accablés par les normes bureaucratiques et empêtrés dans un dédale administratif multipliant les lieux d’indécision. Mais cette faiblesse paraît presque choisie, à la tête de l’État, dans les mains d’un homme aux synthèses incertaines. Les palinodies partisanes rythment le quotidien du gouvernement, qui tire à hue et à dia. “Ni pour, ni contre, bien au contraire !” est la ligne de l’exécutif sur des questions de première importance, comme les nationalisations, le nucléaire ou la procréation médicalement assistée pour les couples de même sexe.

Mais il y a pire que ces flottements, ces hésitations, ces renoncements. Dans son coeur régalien, le pouvoir est veule. L’allure pragmatique du ministre de l’Intérieur ne masque pas la mollesse des pouvoirs publics face aux criminels et aux délinquants. La mobilisation des policiers et des gendarmes se heurte à tant d’obstacles. L’autorité judiciaire ne parvient pas à réprimer et à dissuader les atteintes aux personnes, qui augmentent continûment. Le code pénal est un sabre de bois. Et l’Éducation nationale fait, malgré elle, le lit de la délinquance, lorsqu’elle échoue à donner à des centaines de milliers de jeunes gens une formation utile à leur insertion professionnelle.

Pendant ce temps, la classe politique se regarde le nombril et se perd dans des querelles subalternes. Sur les plateaux de télévision, un petit théâtre d’ombres joue une mauvaise pièce.

Qui parcourt la France, dans les villes, les banlieues comme les campagnes, perçoit les ferments de la défiance. Ce ressentiment est le terreau d’une nouvelle violence, qui ne serait plus la paix civile et qui dessine, peut-être, une sorte de guerre civile opposant des bandes et des désespérés. Trop vite oubliées, les émeutes de l’automne 2005 peuvent en être le premier acte. Un poison menace de s’y ajouter : l’importation d’une ultraviolence terroriste, par de nouveaux Merah entraînés à nos portes.

François Hollande, hier candidat à la fonction politique suprême, promettait de réenchanter le rêve français. Sa présidence somnolente, aujourd’hui, pourrait précipiter la France dans un triste cauchemar. Il est grand temps de se réveiller, en proposant aux Français un chemin de courage. C’est la responsabilité de l’opposition que d’y préparer lucidement notre pays. Guillaume Larrivé, député (UMP) de l’Yonne.

Valeurs Actuelles

Si je partage le constat de cette tribune, je ne suis évidemment pas d’accord avec la dernière phrase. Le socialisme au pouvoir a drastiquement empiré les choses mais n’a (encore) rien créé ! La « droite » au pouvoir depuis des années est responsable de l’état catastrophique de la France.

Non, la République a fait son temps et a « défait » la France. Si nous voulons aller de l’avant et retrouver notre prestige, notre fierté et notre rayonnement, il nous faut renverser cette « Ripouxblique » bannière et appeler le Roi !

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