Mali : Copé ferait mieux de se taire !

Parce que l’UMP a le drapeau en berne, que le pétillant Jean-François Copé a la gueule de bois et le casque lourd de travers depuis l’intervention militaire française au Mali, le consensus des politicards de salon en faveur de François Hollande ne pouvait durer éternellement. Jean-François Copé vient de le sabrer bêtement, ce qui est un pléonasme pour cette moitié de patron gaulliste mis sous surveillance étroite par François Fillon représentant l’autre moitié de l’UMP.

Des trémolos dans la voix, Copé interpelle le chef de l’État, s’étonne et s’inquiète — Axel Poniatowski aussi — d’une part de la passivité de nos partenaires européens et, d’autre part, du possible enlisement de l’armée française au Mali.

Mais que n’aurait-il dit — au mieux « Hollande ventre mou » — si les barbus, sans craindre la pseudo-armée malienne en déroute, s’étaient peinardement installés à Bamako, raflant au passage quelques milliers de nos concitoyens, imposant les délices de la Charia aux Maliens morts de trouille et menaçant du même sort, cela va de soi, les pays voisins.

Que n’aurait-il dit si, du coup, la France avait perdu le peu de crédibilité qu’il lui reste en Afrique.

Est-ce la faute de François Hollande si nos alliés européens attendent que la France se casse la gueule, que les Allemands préfèrent vendre des volkswagens plutôt que de faire la guerre aux terroristes, si les Anglais à la botte des Américains sont aux ordres, si les Américains depuis des lustres font ce qu’ils peuvent pour nous discréditer et nous virer d’Afrique, si les Italiens trafiquent l’or, le diamant, les pierres précieuses, et si les Chinois pillent en douce et sans vergogne ce continent, sans que personne ne bronche, achètent l’eau (Madagascar), des milliers d’hectares de terres et tout ce qu’il y a dessus (pour y repiquer du riz) et surtout dessous pour les minerais qui s’y trouvent ?

Est-ce la faute de François Hollande si les armées africaines inexistantes, à quelques exceptions près, sont dans l’impossibilité de s’opposer aux barbus ? N’est-ce pas un juste retour de l’histoire d’aider militairement les pays africains lorsqu’ils sont demandeurs. Nous y avons été « enlisés » si longtemps…

Pas un mot en revanche du fort en gueule de l’UMP et de ses petits camarades sur le fiasco libyen orchestré par Sarkozy, monté en mayonnaise par BHL et dont on mesure aujourd’hui l’étendue du désastre dans le pays et la région.

Pas un mot sur un autre fiasco, l’Afghanistan, mis en chantier par les États-Unis qui redeviendra territoire à talibans en accord avec les chefs de guerre du coin, trafiquants d’armes et de cocaïne, dès le départ du dernier troufion américain.

Pas un mot non plus sur l’état de délabrement des armes et du matériel qui équipe nos militaires, les obligeant pour certains d’entre eux à guerroyer avec des antiquités. Un seul exemple : la vieille gazelle dans laquelle est mort le lieutenant Boiteux parce qu’une balle lui a explosé la fémorale. Ces hélicoptères (qui ont été mis en service voilà plus de trente ans et sont dépourvus de blindage, exception faite du siège dont le cockpit ne protégerait même pas d’un coup de douze à chevrotines) devaient être mis au rancard en… 1998. En 2013 elles sont toujours opérationnelles…

La droite est au pouvoir depuis 1995, sans compter les années de cohabitation. Alors, Copé, « silence dans les rangs », comme on dit dans l’armée.

Boulevard Voltaire

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