[TRIBUNE publiée sur le JDD] À l’occasion de la visite du pape Léon XIV en France, le prince Louis de Bourbon salue le regain de vitalité du catholicisme dans le pays et plaide pour un renouveau spirituel fondé sur la liberté de conscience et le bien commun.

Alors que notre pays a l’honneur d’accueillir Sa Sainteté le pape Léon XIV, je veux m’associer à la joie simple et sincère de ces millions de Français qui s’enthousiasment à l’idée d’être visités non seulement par une personnalité de premier plan, mais également et surtout par un père et un pasteur. Le succès remporté par les différents temps du déplacement, plus de 600 000 personnes pour la seule messe de la Concorde, est le témoignage le plus éclatant de la ferveur que suscite cette visite apostolique.
Dans un pays dans lequel ni l’État, ni la législation, ni même la majorité de la population ne sont encore catholiques, il est bien surprenant de constater un tel engouement. La communauté catholique pratiquante, autrefois majoritaire si ce n’est dominante, ne représente plus que 2 à 5 % du peuple français. « France, fille aînée de l’Église, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » lançait déjà le pape Jean-Paul II lors d’une venue en France en 1980.
Relevant l’immense défi de cette question, la petite communauté catholique française, si minoritaire qu’elle soit, répond aujourd’hui par son dynamisme et son rayonnement. Elle est là, telle une braise qui couve et attend d’embraser le monde de ses vertus. Ainsi, de manière aussi inattendue qu’inespérée, l’Église de France connaît un petit printemps : le nombre de baptêmes d’adultes a triplé en dix ans et les entrées au séminaire ont connu une hausse remarquable de 50 % entre 2023 et 2025. (…)
En tant qu’héritier des Rois qui ont fait la France, je témoigne aujourd’hui de tout ce que l’Église a apporté à notre pays dans son histoire, humainement et spirituellement. Le soin des plus pauvres, le souci de la justice, et notamment de la justice sociale, le goût de l’élévation de l’homme, le respect de la subsidiarité. La liste serait longue. Tout cela a jailli de la relation féconde qu’ont entretenue la royauté capétienne et l’Église. (…)
C’est en ce sens que je conçois « l’esprit du Sacré-Cœur ». Ce que je représente, le principe royal capétien, n’est pas d’une grande utilité s’il n’est pas mis au service d’un véritable altruisme politique : soulager les misères, qu’elles soient matérielles ou morales, restaurer la Justice, retrouver l’égalité des mérites dans l’épanouissement des talents, faire fructifier les atouts collectifs et individuels du corps social. Relever l’esprit de la France dans le sens d’un idéal élevé, qui transcende les arts, la culture et les lois. (…)
Enfin, je veux dire que c’est avec une grande émotion que je verrai le Saint-Père célébrer la Messe sur le lieu même de l’exécution de mon ancêtre Louis XVI. (…)
Et voulant m’associer encore plus intimement à cette cérémonie, j’annonce, le 21 janvier prochain, que je consacrerai à nouveau ma famille au Sacré Cœur de Jésus (…)
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