2007-2017 : 10ème anniversaire du motu proprio « Summorum Pontificum »

11 janvier 2009: Benoît XVI célèbre la messe dos à l’assemblée dans la Chapelle Sixtine

[Famille Chrétienne] Plusieurs événements sont organisés à l’occasion des 10 ans du motu proprio « Summorum Pontificum » (7 juillet 2007) sur la « forme extraordinaire » de la messe.

Il y a tout juste dix ans, moins de deux années après avoir été élu pape, Benoît XVI publiait le motu proprio Summorum Pontificum « sur l’usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 ». Celui-ci remplaçait deux autres textes adoptés précédemment, en particulier le motu proprio Ecclesia Dei de 1988. Établissant une distinction entre la « forme ordinaire » (Missel promulgué par Paul VI en 1969) et la « forme extraordinaire » (Missel de saint Pie V) de « l’unique rite romain », le motu proprio Summorum Pontificum autorisait largement la célébration de cette dernière.

Il affirmait notamment le droit de tout prêtre de la célébrer et celui des fidèles d’une paroisse, à partir du moment où ils sont quelques-uns (« groupe stable »), à demander à leur curé la célébration d’une messe selon cette forme. En arrière-plan de ces dispositions, le désir, affirmé dans la « Lettre aux évêques » qui accompagnait ce texte, de « réconciliation interne au sein de l’Église », et également celui que les deux formes puissent « s’enrichir réciproquement ».

Un premier bilan contrasté

Dix ans plus tard, il n’est pas facile d’établir un bilan précis et unifié de l’application du motu proprio. Les situations sont très diverses selon les lieux, comme le montre le recensement réalisé, diocèse par diocèse, par l’association Ad Majorem Dei Gloriam . Les avis diffèrent aussi suivant les personnes qui les émettent.

Dans un communiqué, Paix liturgique, association qui milite pour une application «large et généreuse» » du motu proprio, estime que « la situation française semble relativement congelée et ne progresse que très timidement ». Son principal grief, malgré de notables exceptions : le manque de générosité à satisfaire les demandes des fidèles souhaitant la célébration d’une messe en forme extraordinaire. Selon plusieurs sondages menés par cette association entre 2008 et 2011, « au moins un catholique français pratiquant sur trois assisterait au moins une fois par mois à la célébration de la forme extraordinaire du rite romain, si celle-ci lui était proposée dans sa paroisse ».

Forme extraordinaire et mission

Plus optimiste, l’abbé Benoît Paul-Joseph, supérieur du district de France de la Fraternité Saint-Pierre, évoquait dans un entretien récent à la revue La Nef un bilan « assurément positif ». « Les chiffres – bien qu’ils ne disent pas tout – parlent d’eux-mêmes : en 2007, la France comptait cent vingt lieux de culte où la messe traditionnelle était habituellement célébrée (sans compter ceux de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X), elle en totalise aujourd’hui plus de deux cent trente. Il s’agit d’une progression de 91 % en dix ans ! » Des chiffres qui ne doivent pas faire oublier, selon lui, « des zones d’ombre ».

Parmi elles, pour ce prêtre, le fait que « beaucoup de clercs ou de laïcs ne croient pas à la dimension missionnaire de la forme extraordinaire. Ils la considèrent comme une liturgie destinée à des initiés ». Des propos confirmés par son confrère de la Fraternité Saint-Pierre, l’abbé Guilhem Le Coq, chapelain de l’église Saint-Aignan à Chartres, pour lequel l’application du motu proprio « se passe très bien » dans le diocèse de Chartres. « Le caractère missionnaire de la forme extraordinaire ne fait aucun doute. Mais demeure l’idée que cette forme de liturgie est réservée à des personnes d’un certain milieu social et qu’elle n’est pas en mesure de toucher le plus grand nombre. Or la plupart des prêtres Ecclesia Dei – c’est mon cas, je l’ai découverte à l’âge de 18 ans – ne sont pas issus de familles attachées à la forme extraordinaire. »

C’est aussi l’avis de l’abbé Éric Iborra, vicaire à l’église Saint-Eugène-Sainte-Cécile à Paris, où sont célébrées les deux formes de « l’unique rite romain ». « Chaque année, explique-t-il, nous avons entre deux et une dizaine de baptêmes d’adultes. Ceux-ci demandent à être baptisés dans la forme extraordinaire, car c’est au travers d’elle qu’ils ont rencontré Dieu. » S’il estime que « l’apaisement » est désormais de mise et que « la forme extraordinaire n’est plus un sujet de friction », l’offre pourrait selon lui être « largement développée » au niveau local, dans les paroisses. « Il faudrait proposer des messes en forme extraordinaire dans des quartiers où il n’y en a pas. Car le meilleur moyen pour toucher les personnes, c’est de leur proposer une messe en forme extraordinaire près de chez eux. »

Un grand pèlerinage à Rome en septembre

Tout au long de l’année 2017, plusieurs événements marquent les 10 ans du motu proprio. Le principal est un pèlerinage organisé à Rome du 14 au 17 septembre par le « Coetus Internationalis Summorum Pontificum ». Célébrant le 5 juin dernier la messe de clôture du pèlerinage de Chartres organisé par l’association Notre-Dame de Chrétienté, le cardinal Raymond Leo Burke avait invité les catholiques à se rendre à Rome à cette occasion.

Parallèlement à ce pèlerinage, un congrès, également à Rome, réunira un certain nombre de personnalités romaines, dont le cardinal Gerhard Ludwig Müller, qui vient de quitter la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, ou encore le cardinal Robert Sarah, responsable du dicastère en charge de la liturgie et des sacrements au Vatican.

Une messe solennelle devait aussi être célébrée, le 7 juillet, dans la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Jean-Marie Dumont dans Famille Chrétienne

Source : Famille Chrétienne

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